Le rôle de la technologie dans le changement de la vison de l’art

Le rôle de la technologie dans le changement de la vison de l’art

25 septembre 2019 0 Par Makrem

En 2014, TeamLab, un groupe d’artistes, d’ingénieurs, de concepteurs, de programmeurs et de mathématiciens, a créé une installation numérique pour le Musée national des sciences et de l’innovation de Tokyo, attirant un demi-million de visiteurs et battant le record de fréquentation du musée. Comprenant le potentiel du groupe, la galerie Pace a, la même année, signé un contrat pour représenter ce collectif d’artistes. Il est donc clair que la distance physique et conceptuelle entre les grandes galeries et les musées est réduite.

Selon Marc Glimcher, président de Pace, l’art expérimental qui se développe aujourd’hui est semblable aux événements des années 1970, sauf qu’à l’époque les galeries ne proposaient aucun modèle commercial, de sorte que l’art expérimental était financièrement autonome. Pour confirmer cette nouvelle tendance, en novembre dernier, Pace Gallery a organisé une exposition interactive TeamLab dans l’espace Palo Alto. Selon les rumeurs, 90% des revenus proviennent de la vente de billets et 10% seulement des œuvres vendues à des collectionneurs.

La nouvelle technologie et l’art

D’autre part, nous dit Pascal Robaglia, ces dernières années la technologie a remis en question les concepts traditionnels de propriété et d’utilisation d’une œuvre d’art. En effet, il suffit de penser à Netflix ou Spotify, ou au succès du travail Infinity Room de Yayoy Kusama. Il est donc essentiel d’étudier le comportement d’achat des Millennials, de plus en plus attachés à l’expérience et de moins en moins à la propriété. Il est probable que cette orientation stratégique entamée par Peace ne fait qu’anticiper les évolutions auxquelles nous seront de plus en plus confrontés dans le monde de l’art ces prochaines années.

Pour en revenir aux problèmes des entreprises de taille moyenne, il a déjà été dit à plusieurs reprises que les galeristes se plaignaient du nombre réduit de collectionneurs fréquentant leurs espaces. Selon Joe Kennedy, partenaire de la galerie London Unit, il est nécessaire de redéfinir nos cibles face aux défis susmentionnés et de reconsidérer le profil du collectionneur actuel. Si traditionnellement le collectionneur a été perçu comme une personne qui prenait le temps de faire des recherches et de visiter les expositions, celle d’aujourd’hui appartient à la génération des millennials. Cette génération, très occupée et toujours connectée, aura du mal à trouver le temps de se rendre dans une galerie, préférant se renseigner sur Internet et acheter via Instagram . S’ils souhaitent se renseigner sur les peintures de provence par exemple, ils pourront toujours trouver un site spécialisé. Il est donc important que l’utilisateur dispose de tous les outils pour évaluer la galerie et ses artistes à partir d’une approche en ligne.

Quelles routes de sortie?

La solution ne serait-elle pas de proposer une redécouverte des visites en ateliers afin de revitaliser l’activité et l’attractivité des galeries, une expérience unique pouvant apporter une valeur ajoutée au collectionneur. Un projet de collaboration horizontale entre les galeries serait également une bonne idée. Il est également fondamental d’encourager le dialogue entre artistes de différentes générations. Tout cela doit aller de pair avec la mise en place de services en ligne : un système hybride capable de fusionner la fonction esthétique traditionnelle des galeries avec des activités en ligne pouvant toujours attirer de nouveaux collectionneurs du monde entier. Il existe dans autres secteurs que celui de l’art, des exemples éclairant concernant les bénéfices de la collaboration.

Le premier exemple vient du monde pharmaceutique où, dans de nombreux cas, la Big Pharma acquiert petite société de biotechnologie indépendante. Cela tout en préservant son identité et en  gardant intacte une culture d’ entreprise qui favorise l’ innovation. Le parallélisme avec le monde de l’art se réfère avant tout au risque d’évasion des artistes des galeries spécialisées dans la recherche de talents aux grandes galeries qui promettent une plus grande promotion de leur travail et un meilleur profit.

Le second exemple concerne le monde du football où des équipes. Le partage d’opinions doit permettre de trouver des règles communes à respecter, y compris des sanctions pour ceux qui ne les respectent pas. Ces règles pourraient être incluses dans un code d’éthique également adopté par les principales foires d’art. Qui ne respecte pas les règles n’est pas admis à la foire.